La lettre

du facteur Rhésus





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Une preuve de sang froid

24 février

   Voilà ! Il s’agit d’une information de la plus haute importance , rigoureusement authentique, destinée aux lecteurs de Candide et recueillie par le Tréponème Pâle, connu des milieux de l’UMP sous le nom de code  Facteur Rhésus, au sujet de la tragique disparition de Wiroj Banlen, citoyen thailandais .
   Cet homme robuste de 40 ans a été découvert mort dans le fossé d’une laie forestière de la région d’Ayutthaya .
   Son décès plonge les enquêteurs dans un océan de perplexité et insulte scandaleusement à leur sagacité coutumière, qu’ils partagent d’ailleurs avec tous les policiers de la planète, sans oublier ceux de Saint-Nazaire .
   En effet , la victime serrait dans ses mains un cobra royal, également mort .
Il semblerait que l’infortuné Wiroj ait succombé à des morsures aux joues et à la jambe droite . Le serpent, lui, avait le ventre déchiqueté à coups de dents et le médecin légiste a prélevé des écailles de cobra dans la bouche de Wiroj, ce qui tendrait à prouver que l’animal avait trouvé à qui parler .
   Mais, pour parfaire le mystère, on nous signale que Wiroj, bien que vêtu d’une ample chemise parme, ne portait pas de pantalon… Et avait enfilé un préservatif !
   Sherlock Holmes lui-même en laisserait tomber sa pipe !

21 janvier

Elle est joufflue de l'impériale

Je suis avec intérêt les propos de Candide et, au lendemain de l'intronisation du Sauveur du Monde, le 44e président des U.S.A., qui sera demain au carnaval de Douarnenez, suivie par l'intronisation de Den-Paolig, je me demande si ton journaliste free-lance ne risque pas la retraite anticipée. Je m'explique :
Hier , à l'intronisation, la Foule... deux millions de personnes selon les organisateurs, trois cent quarante cinq selon les forces de police, enfin bref ! Ils étaient quand même nombreux. "Yaisse Houi Kanne!", qu'ils gueulaient, et aussi "Blaque hisse biotifoulle"!
Alors je me suis dit: et moi qui signe parfois "Le Trèponème pâle" dans Candide, que vais-je devenir ?  A moins d'une trempette prolongée dans une baignoire de goudron ! Martine a tenté de me consoler "Tu n'as qu'à regarder Alex, as-tu vu comme il est honteusement BLANC ? Ah ! c'est sûrement pas lui qui serait élu Miss France!
Finalement , ce qui m'a le plus ému hier, dans cette pantalonnade où il ne manquait plus que Ratzinger pour canoniser d'urgence le nouveau Président (tu imagines cet audacieux raccourci: Ratzinger, des Jeunesses hitlériennes à "Y-a-bon Obama !"), ce qui m'a le plus ému, donc, c'est la chute de reins de la présidente. Bigre !
Celle-là on peut dire qu'elle est joufflue de l'impériale, vache ! A moins qu'il ne lui ai fait un enfant dans le dos , c'est ptète aussi une belle scoliose qui a glissé, ou une piqûre de moustique qui évolue vers un palu aggravé, c'est égal ça vous donne sacrément envie de casser La Barracke!
Mais tu ne peux plus me dis ma femme! C'est sûr qu'il vaut mieux se faire écraser les orteils par Raymond Devos que de se faire tutoyer la prostate par un chirurgien enthousiaste .
En attendant Barraque négocie avec les Coréens :"Obama in exercice Daewoo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis "


Le Facteur Rhésus, alias Tréponème PÂLE (!) mais animé de NOIRS desseins


PS: Si tu veux , j' ai deux trucs pour le journal - et pour ta femme préférée : "Dix bons conseils pour devenir veuve !" et " La thérapeutique par le poisson ".


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12 janvier 2009

Un télégramme du cabinet

Dans L’Opprobre (Gallimard 2008), bel essai très politiquement incorrect, Richard Millet rapporte cette parole de Marais à Louis XIII, citée par Tallemant des Réaux : « Sire, il y a deux choses dans votre métier dont je ne pourrais m’accommoder : De manger seul et de chier en compagnie . »

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9 janvier 2009

Leçon numéro 1: la santé

Mon cher Candide, je te présente tous mes vœux de prospérité, de bonheur et surtout de santé pour 2009.

Comme 2008 m'a comblé dans ce sens, j'insisterai sur l'essentiel, je parle bien évidemment de la santé! Cependant, au cas, souhaitons-le improbable, où tu devrais consulter un disciple d'Hippocrate, j'estime que mon devoir consiste à te donner quelques éléments de marche à suivre. Dans les rapports avec les Médecins, il faut tout d'abord te rappeler que ces pontifes de la Thérapeutique voient, par jour, vingt à vingt-cinq malades. Chacun de ceux-ci s'imagine que son cas offre pour le médecin un intérêt passionnant et en rapporte les détails avec une débordante abondance. Mais le médecin, après vous avoir raisonnablement accordé quelques minutes d'attention comme il se doit, ne tarde pas, si vous êtes excessivement prolixe, à laisser vagabonder sa pensée et son imagination. Il songera à son chien , à sa petite amie ou à la manière dont il pourra frauder le fisc. Si bien que vous risquez, en voulant trop expliquer, de faire comprendre tout autre chose, et de provoquer l'ordonnance d'un traitement contraire à votre cas .

Le docteur sait bien que les remèdes ne vous guériront point. Mais il sait aussi que s'il ne vous en prescrivait aucun, vous l'accuseriez d'ignorance. La plupart des spécialités qu'on vend aujourd'hui, et que les médecins recommandent, sont sans aucun effet. Dieu merci, il semblerait quand même qu'elles ne peuvent nuire à personne. N'importe, il ne faut pas que votre docteur prescrive un gargarisme si vous êtes porteur d'une verrue plantaire, ou un bandage herniaire si vous avez un rhume de cerveau . A moins qu'il ne le fasse avec une autorité impressionnante. Auquel cas il pourrait tout de même bien arriver à vous guérir par ces remèdes-là.

Le plus souvent, si vous avez contenu votre verve et borné vos renseignements, il vous ordonnera ce qu'il est d'usage de recommander pour accompagner en sourdine l'évolution naturelle d'une maladie. C'est tout ce que vous pouvez attendre de mieux du pauvre homme que vous avez obligé à gravir vos étages et à entrer dans votre chambre tiède et fétide. Autre recommandation essentielle, ne cherchez pas à faire expliquer ni les raisons de votre mal ni celles du traitement. Vous mettriez alors le médecin dans l'obligation ou d'avouer son ignorance ou d'imaginer des fantaisies ou autres balivernes saugrenues . Dans votre propre intérêt , conservez-lui son aura.

Le médecin qui vous a rendu visite vous enverra, après quelques semaines, la note de ses Honoraires. Payez par chèque aussitôt, en joignant au chèque un mot de remerciement. Si la fantaisie vous prend de consulter un docteur nouveau, préparez des billets neufs et une enveloppe. Renseignez-vous, pendant que le docteur commence l'ordonnance, sur le prix de la Consultation. Et disposez très visiblement l'enveloppe garnie sur le bureau.

Le facteur Rhésus

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