Enquêtes

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Lettre ouverte à un président fermé

 

   A la fin du dernier conseil communautaire, une lettre ouverte, signée par plusieurs dizaines d’élus, a été lue par le maire de Challex, Pierre Dumarest. Sur l’omnipotence partisane du vain Blanc lors de l’élection des délégués à l’ARC (voir notre éditorial de janvier), tout est dit. La seule question qui vaille désormais, c’est de savoir si les responsables de ce déni de démocratie pourront réparer les pots cassés, et s’ils le voudront. Nous publions ce texte in extenso et sans commentaire.

 
   Le 28 janvier dernier, la Communauté de communes du Pays de Gex a élu ses délégués au syndicat mixte de l'ARC par un scrutin dont la "préparation" politicienne n'aura échappé ni aux observateurs ni à la presse. Rappelons que ce nouveau syndicat a pour mission la mise en place de l'agglomération transfrontalière avec Genève en regroupant l'ensemble des communautés de communes françaises : savoyardes, gessienne et bellegardienne.
   Etienne Blanc voulait imposer en coulisses une liste de cinq élus de sa droite et trois élus de gauche "non alignés" pour les huit postes à pourvoir. Comment accepter dans un fonctionnement dé¬mocratique une liste de huit noms pour huit postes ?
   N'ayant pas donné suite à cette proposition, les conseillers communautaires de gauche ou "non alignés" ont été "châtiés". En effet, avec l'organisation en sous-marin de l'élection, la majorité de droite de l'assemblée a élu l'ensemble des titu¬laires à l'ARC. Il faut aussi revenir sur la désigna¬tion des candidats au groupe de travail sur l'aéroport Nord où la majorité d'Etienne Blanc a fait la démonstration de son ostracisme à l'égard de cer¬tains candidats : cela fait beaucoup, beaucoup trop !
   Les présents signataires de cette lettre ouverte, tous membres du conseil communautaire, ont pris acte de ces lamentables épisodes. Ils veulent manifester l'inquiétude que fait naître, pour le fonctionnement de la communauté de communes et celui du futur syndicat de l'ARC, de tels débordements. Ils veulent aussi adresser plusieurs observations à la majorité qui a soutenu Etienne Blanc, à cette occasion : nous avons besoin d'unité et non de division pour faire avancer les projets du Pays de Gex ; l'utilisation partisane et sectaire de la composition de notre assemblée de coopération intercommunale conduit à une radicalisation stérile des positions ; la posture hégémonique, d'un autre âge, qui a prévalu dans les conditions de ce vote est inacceptable dans un établissement public de coopération intercommunale.
   En ce qui concerne le syndicat de l'ARC, les élus communautaires qui se sont prêtés à cette caricature de démocratie portent une lourde responsabilité. Ils ont envoyé une délégation du Pays de Gex qui ne respecte pas la diversité de notre territoire, en termes de sensibilités politique, d'équilibre des populations rurales et urbaines et de la présence des principales communes frontalières. Il s'agit pourtant d'un organe d'élus au troisième degré où la règle d'une représentation équilibrée est impérieuse.
   Si rien n'est fait rapidement pour remédier à cette situation, il est à craindre que les positions se radicalisent et que s'altère pour longtemps la confiance entre les membres de la CCPG. Il devient donc urgent de clarifier, dans le règlement intérieur, les modalités de représentations des différentes sensibilités dans les instances de la CCPG et de leur droit d'expression.
   La mise en place de ce syndicat de l'ARC était l'occasion d'introduire un minimum de principes démocratiques, côté français, dans la construction de l'agglomération transfrontalière. La majorité d'Etienne Blanc, au lieu de poser proprement la première fondation de cette construction, a préféré s'inféoder à la destinée d'un homme. Or, c'est le destin de tous les Gessiens qui est en jeu.
   Madame, monsieur, par cette lettre ouverte, nous voulons vous informer de notre perte de confiance dans le fonctionnement de notre communauté de communes. Cette évolution sectaire conduit par exemple à exclure les communes de Ferney-Voltaire, Prévessin-Moëns et Saint-Genis-Pouilly, soit près de 30% de la population gessienne, de cette instance de l'ARC qui les concerne pourtant directement. 
 


La fausse délibération de St Genis pose un vrai problème


   Petit rappel des faits. Le 4 juillet 2006, le conseil municipal de St Genis, dans lequel l’Empoudré Bertrand est déjà maire mais la Pâlotte Chenu pas encore cheffe de l’opposition, prend une délibération pour accepter la vente de terrains communaux, à proximité de la rivière Allondon, à la société MAB, qui ambitionne d’y réaliser un ensemble commercial, Les Rives de l’Allondon.  

   Chacun sait aujourd’hui que ce projet ferait plus tard des vagues, soutenu par Bertrand et (dans un premier temps du moins) par les instances de la Communauté de Communes, pourtant présidée par le vain Blanc, maire de Divonne et adversaire politico-personnel de l’Empoudré Bertand… D’abord accepté par la CDUC (Commission Départementale d’Urbanisme Commerical), le projet sera ensuite annulé par une intervention ad personam du vain Blanc, avant d’être finalement – et à son grand dam - définitivement agréé par la CNUC (Commission Nationale).

   Long préambule mais préambule nécessaire. Le vrai faux (à moins qu’il ne s’agisse d’un faux vrai, voire d’un faux faux) brandi en octobre 2009 par la Pâlotte Chenu lors du conseil municipal ne porte pas, en effet, sur un quelconque achat de débroussailleuse ou une énième modification de la liste du personnel communal mais sur les conditions de vente du terrain destiné à la réalisation d’une des plus grosses opérations d’urbanisme commercial de tout le Pays de Gex – et l’une des plus décriées par la droite gessienne, le vain Blanc en tête.

   Le falsificateur ou la falsificatrice (car il doit tout de même bien en avoir un ou une, puisqu’il y a effectivement un faux) n’a donc pas choisi son sujet par hasard. Il y a là de quoi faire sauter l’Empoudré Bertrand, si preuve est faite de son implication directe ou indirecte, ou ratatiner le vain Blanc, s’il apparaît qu’il a initié ou encouragé une manœuvre de déstabilisation de son ennemi juré.

   Il est temps maintenant de revenir aux faits. En juillet de cette année, Michèle Chenu demande au maire de lui faire remettre copie de la délibération du 4 juillet 2006. Pourquoi ? Parce qu’elle ne l’a pas dans ses archives, dit-elle. Et parce qu’une brève conversation avec Hubert Bertrand lui a « laissé penser » qu’il pourrait y avoir un peu de flou dans cette affaire. La Pâlotte trouve le surlendemain, dans son casier de la mairie, copie de la délibération. Sur cette délibération, un chiffre a de quoi faire bondir : le prix de vente au m2 a été ramené de 53€ à 20€ et le prix total de 8 millions à 3 millions d’€ ! De quoi faire bondir et pourtant la Pâlotte ne bondit pas, ou en tout cas pas tout de suite. Parce qu’elle partait en vacances le lendemain, et qu’elle a ensuite eu des problèmes familiaux, affirme-t-elle. Soit ! C’est donc seulement à la rentrée qu’elle a ou aurait découvert le pot aux roses. Elle demande alors à la mairie le « document concernant la vente, au prix effectif, du terrain » en question. On lui remet alors, non pas la délibération initiale, mais l’ensemble du compte-rendu de la séance du conseil, telle que figurant dans le registre officiel. En droit, c’est pourtant la délibération et non le compte rendu qui doit être collée dans ce cahier mais, à St Genis, comme le fera d’ailleurs remarquer la sous-préfecture, ce sont les comptes-rendus qui sont répertoriés. Impossible, donc, de comparer le « faux » avec l’original qui a peut-être servi à le fabriquer.

   Devant cette évidence, la Pâlotte se rend à la sous-préfecture, où doit avoir été déposée une copie de l’original (sous-préfecture dont le tampon est d’ailleurs apposé, en deuxième page du « faux » !). Le fonctionnaire extrait présente sa propre copie de l’original. Le prix de 53€ et la somme de 8 millions d’€ sont les seuls à y figurer. Ce document porte le tampon de la sous-préfecture, mais sur les deux pages cette fois. Avec la même date : 7 juillet 2006 ! Mais les tampons n'ont pas été apposés au même endroit, ni de la même manière. Le document détenu par la Pâlotte est donc manifestement un faux. La sous-préfecture va d’ailleurs aussitôt porter le fait à la connaissance du Procureur de la République et interpeller par lettre la mairie de St Genis. Le secrétaire général de la sous-préfecture fera aussi le voyage de St Genis.

   Dès lors, un éventail d’hypothèses s’offre aux amoureux de Sherlock Holmes. De la plus bénigne à la plus compromettante. Aucune ne peut être balayée d’un simple revers de la main. Aucune ne peut non plus être considérée comme totalement convaincante. Voici ces différents scénarios :

   1. La délibération fautive a été rédigée au lendemain du conseil municipal de juillet 2006 et présentée à la signature du maire, qui a signé sans prêter attention à la faute. Sa signature, légèrement différente de celle du « vrai », figure sur le document. On peut assurer avec quasi certitude que les deux signatures sont de sa main. Les deux documents portent également le tampon de la mairie, mais frappé à un emplacement légèrement différent, chevauchant des caractères dactylographiés. Il ne s’agit donc pas d’un copié-collé. Si on admet que les services se seraient ensuite rendu compte de ce qui n’aurait alors été qu’une simple erreur, on peut envisager qu'ils aient aussitôt rédigé une deuxième délibération comportant les vrais chiffres, pour la faire signer par le maire, sans le prévenir de la première erreur et sans qu’il s’en rende compte. Mais alors, les services auraient dû détruire la version fautive. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Et surtout, pourquoi et comment cette version erronée peut-elle porter, en deuxième page, le tampon récépissé de la sous-préfecture, en date du 7.7.2006 ?

   2. Seule la vraie délibération est rédigée le 6.7.07 et adressée en trois exemplaires à la sous-préfecture, qui les tamponne sur chaque page, en renvoie deux à St Genis et archive le troisième. Dans ce cas, le faux aurait été établi plus tard et n’aurait donc jamais été envoyé à la sous-préfecture. Pourtant, le tampon de la sous-préfecture y figure, mais en deuxième page seulement. Il ne peut donc qu'avoir été copié ou falsifié. Dans ce cas, quand, comment, pourquoi ?

   3. Dans un but d’escroquerie et d’enrichissement personnel ? On pourrait, au pire, imaginer qu’une personne, à l’intérieur ou à l’extérieur de la mairie, aurait voulu disposer d’un faux document pour l'utiliser lors de la signature de l’acte de vente devant notaire. Cela n’aurait pu se faire qu’avec une  complicité intérieure à la commune, qui n’aurait ainsi reçu que 3 millions au lieu de 8. Un complice aurait alors pu, sous la table, en rétrocéder tout ou partie à l’auteur du faux. Très invraisemblable puisque ce devait être le maire qui, le jour de la signature, signe au nom de sa commune. A moins que le stratagème ait été monté par un fieffé amateur, incapable de comprendre que, tôt ou tard, la malversation serait détectée. Or, Hubert Bertrand n’est amateur ni en politique ni dans la vie.

   4. Dans le but de consentir à MAB un avantage financier, afin de l’inciter à maintenir son projet malgré les refus successifs de la CCPG puis du vain Blanc en personne. Cette hypothèse pourrait, en théorie, présenter un peu plus de vraisemblance. On sait en effet que l'Empoudré Bertrand tenait très profondément à voir son projet aboutir, d’abord pour le bien de sa cité, ensuite pour marquer un point politique à son adversaire acharné, le vain Blanc, et à quelques-uns de ses affidés. Mais qui pourrait penser qu’une telle différence de prix ne sauterait pas aux yeux du premier venu et en particulier du Percepteur, ne serait-ce que parce que la commune avait déjà annoncé vouléoir consacrer une partie des 8 millions à un investissement public, en l’occurrence le futur lycée.

   Aucune de ces hypothèses ne semble à ce jour suffisamment vraisemblable pour qu’on s’y arrête sérieusement. Pourtant, une chose est sûre, c’est qu’il existe bien deux délibérations et que l’une est un faux. Hubert Bertrand a déclaré vouloir déposer plainte, lui aussi, mais au civil car il pressent « qu’il y a là un intérêt contre la commune ». Voilà qui pourrait montrer sa volonté de faire toute la lumière, car il n'agirait évidemment pas ainsi s’il était, même partiellement, responsable. Sauf que… l'objet d’une plainte au civil ne peut porter que sur un préjudice qu’aurait subi la commune. Or, peut-être grâce à l’intervention de la Pâlotte Chenu, la commune n’a finalement pas perdu un sou. Une telle plainte au civil a donc toutes les chances de ne pas aboutir et son annonce n’a peut-être pour but que d’enfumer un peu plus le paysage et d’inciter la Pâlotte à retirer sa propre plainte (ou à ne pas la déposer, puisque Michèle Chenu ne l’avait pas encore fait lorsque l’Empoudré a fait cette annonce).

   Dans ces conditions, Ferney-Candide se devait d’entendre les parties. Première concernée, Michèle Chenu s’est contentée de confirmer les faits évoqués plus haut, sans se prononcer sur les raisons ou les auteurs possibles d’une telle falsification. Lors de notre rencontre, elle avait déjà déposé plainte et en avait reçu récépissé de la part du Procureur. Ce qui ne veut pas dire que ce dernier ne classera pas l’affaire. La Pâlotte nous affirme « sur l’honneur » que les faits qu’elle relate sont réels, qu’elle a agi seule (en concertation avec les membres de la liste) et qu’elle n’a été manipulée par personne.

   Quant à Hubert Bertand, il a également accepté de nous recevoir mais a insisté pour être accompagné de sa cheffe de cabinet, Mme Dodet-Cauphy. Le rendez-vous a eu lieu le vendredi 13 novembre (à la loterie, on appelle ça un jour de chance…), dans son bureau.

   L’ennui avec Hubert, c’est qu’il apporte peu de preuves et beaucoup de commentaires, pour ne pas dire d’insinuations. L’Empoudré me montre d’abord la délibération « vraie » ou du moins une copie. Sur son bureau, j’aperçois aussi la « fausse », annexée à une lettre officielle envoyée par le sous-préfet. Très vite, le maire s’en prend à « ils », à « eux », à « on ». De toute évidence, il se considère comme la victime d’une cabale, d’une énorme machination. Ou alors il veut le faire croire. L’entretien n’ayant pas fait l’objet d’un quelconque enregistrement (du moins de notre part), la transcription de nos échanges verbaux a été faite aussitôt après notre rencontre. Il ne s’agit donc pas d’un mot à mot mais du reflet loyal de cet entretien.

   Hubert Bertrand se dit persuadé que le document déposé dans le casier de Michèle Chenu, à la mairie en juillet, était bien une copie du « vrai ». Sous-entendu : c’est ensuite que ce document a été falsifié. Je lui demande alors de comparer, en deuxième page du faux et du vrai, les dates manuscrites concernant la date de transmission à la sous-préfecture : même main mais délié légèrement différent, l’auteur est donc le (la) même et il ne s’agit pas d’un copié-collé.
   - Alors c’est que ça a été copié en partant d’un autre des exemplaires. A l’époque, on en envoyait trois à la sous-préfecture, qui nous en renvoyait deux.
   - Où sont les deux exemplaires renvoyés à la mairie?
   - L’un chez nous et l’autre chez le notaire, je pense.
   - C’est tout ?
   - Je crois, oui.
   - Alors, si le faux n’est pas la copie de l’exemplaire « mairie », c’est que le falsificateur a travaillé sur le document de la sous-préfecture ou sur celui du notaire. Est-ce vraisemblable ?
   - Non, bien sûr.
   - Donc, lorsque tu affirmes que c’est bien le vrai document qui a été remis à Madame Chenu et qu’ensuite elle se présente à la sous-préfecture avec un document différent, ça veut dire que, selon toi, elle est l’auteur ou au moins la complice de la falsification. J’espère que l’enquête te donnera raison. Sinon, c’est une accusation très grave dont tu pourrais avoir à rendre compte un jour…

   Hubert se défend d’accuser quiconque et embraye aussitôt sur l’affaire de son secrétaire général, le dénommé Deruineau, que la Pâlotte avait naguère mis en cause sur son blog de campagne et qui, pour lui répondre, avait créé son propre blog ! J’en profite pour rappeler à Hubert (voir Ferney-Candide de l’époque) qu’un fonctionnaire territorial est soumis au devoir de réserve et ne peut pas agir ainsi. S’il se sent diffamé, il peut déposer plainte ou passer par le maire pour le faire à sa place.
   - Au fait, demandé-je à l'Empoudré, puisqu'il veut m’amerer sur ce terrain-là, ton secrétaire général t’avait-il préalablement averti de la création de son blog ou l’as-tu découvert par la suite ? Dans le premier cas, c’est une faute dont tu dois assumer une part de responsablité. Dans le deuxième, c’est que ce monsieur t’a trompé…

   Nouveau silence embarrassé. Hubert revient à l’affaire du faux, expliquant que « ceux » qui ont fait ça avaient sans doute l’intention de lui nuire et, plus encore, de torpiller le projet des Rives de l’Allondon. Je lui rappelle que tenir ce propos, c’est affirmer à nouveau que Michèle Chenu est l’auteur ou du moins la complice de la falsification.
   - Tu sais bien que Carrefour a déposé (ou va déposer) son permis de construire. (C’est dans la lointaine perspective de cet agrandissement de la zone commerciale autour de Carrefour - Cessy, Segny, Ornex - que le vain Blanc avait tenté de bloquer le projet des Rives de l’Allondon. NDLR).
   - Michèle Chenu serait donc complice de ces gens-là ? Ou manipulée par eux?

   Nouveau silence. Je reprends en évoquant les différents scénarios évoqués plus haut :
   - Il faut épuiser toutes les hypothèses. Si le faux est effectivement venu de l’intérieur de la mairie, on peut imaginer une manipulation qui aurait été faite à ton insu, éventuellement même pour te nuire. On pourrait aussi imaginer qu’il se serait agi d’un « rabais » qu’on aurait voulu faire miroiter à la société MAB, peut-être lasse de tous ces contretemps et désireuse d’abandonner le navire…

   Hubert s’étrangle. Comment puis-je, ne serait-ce qu’un instant, envisager une malversation de sa part ou de celle de ses services ?

   Difficile, en effet. Le problème, c’est qu’aucune des hypothèses ne semble vraiment plausible mais qu’au bout du compte, le faux existe bel et bien, qu’il porte la signature du maire Bertrand, le tampon de sa mairie, une date manuscrite par une personne faisant partie de sa mairie et, certainement reproduit ou falsifié, un tampon de la sous-préfecture !

   Il faut espérer que le procureur choisira rapidement d’ordonner une enquête et que celle-ci débouchera sur une explication incontestable. Si l'affaire devait être enterrée, le doute et la suspicion continueraient de planer. Sur Michèle Chenu, certes. Sur ses « amis » de la droite gessienne, féroces adversaires d’Hubert Bertrand, aussi. Sur le fonctionnement de la mairie de St Genis également. Et sur Hubert Bertrand lui-même, qu’il le veuille ou non.

   Chaque jour un peu plus, le Pays de Gex prend des allures de véritable champ de bataille et on n'y tire pas que des balles à Blanc !


Alex Décotte
15.11.2009




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Faites ce que je dis, pas ce que je fais

   Dans l'actuel débat sur le PLU de Ferney, François Meylan conteste avoir préconisé, pour le Plan d'Exposition au bruit, la ligne LDEN 55, qui aurait rendu inconstructible pour l'habitat toute la partie de Ferney située au sud de la ligne Rue de Versoix / Rue de Meyrin et qui donc, s'il avait été entendu par le préfet, l'empêcherait de réaliser à moyen terme un immense projet résidentiel sur les splendides zones agricoles de Paimboeuf et Très-la-Grange. Rappelons-lui ce que publiait son association, Ferney-à-Venir, en octobre 2007:

"L'Association Ferney à Venir demande…
- la limite de la zone C à l'indice Lden 55, pour la protection de la santé et de la qualité de vie des habitants."
Document consultable sur
http://www.ferney-a-venir.com/spip/Plan-d-exposition-au-bruit-les.html

Et aussi...

Le plan d'exposition au bruit (PEB) n'étant pas encore arrêté au moment du vote du PLU par le conseil municipal, ni même à la fin de l'enquête publique, nous contestons le choix de la ligne LDEN 57 qui figure sur le plan de zonage. Pour la protection et la santé des habitants, nous sommes par ailleurs intervenus auprès du préfet pour demander la prise en compte de la ligne LDEN 55.

Pire: Dans ses commentaires adressés lors de l'enquête du PLU, il écrivait:

En résumé : le PLU est incompatible avec les contraintes du SCOT en matière d'accroissement de population à l'échéance 2015 ;  en consommant tout l'espace libre, il est contraire à la lettre et à l'esprit du PADD qui dit s'inspirer de la notion de développement durable qui " répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures..."

Document consultable sur
http://www.ferney-a-venir.com/spip/PLU-de-Ferney-Voltaire-les.html

François Meylan a fait annuler le PLU de son prédécesseur mais il s'empresse, dans ce cas particulier, de faire comme lui et même pire que lui.

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   « Diffusion de documents secrets :  une taupe dans le jardin »

(Suite à la publication de notre article "François 1er porte plainte", voir ci-dessous)


    Pour le Dauphiné Libéré (21.7), Ferney-Candide est tellement innommable qu’il ne peut être défini dans ses colonnes que comme «un site bien connu de la gessienneté». Pas la moindre citation de Ferney-Candide, pas la moindre adresse web, donc, mais une demi-page racontant la diffusion des « documents secrets » dont nous nous sommes ou serions rendus coupables.
   Il s’agit bien sûr des deux plans (voir plus bas) qui n’auraient pas dû sortir de la commission de révision du Plan Local d’Urbanisme, mais qu’un ou plusieurs « malhonnêtes » (c’est le terme employé par François Meylan 1er), se sont sentis obligés de faire « fuiter », tant leur contenu semblait incompatible avec les engagements pris par le même François 1er lors de sa campagne électorale.
   Point particulièrement sensible : les deux splendides zones agricoles de Paimboeuf et Trez-la-Grange que, face au bétonneur Duty, ce même François pas encore 1er avait défendues bec et ongles aux côtés de très nombreux citoyens.
   A noter que, pour rapporter cette algarade, le Daubé publie à son tour la copie d’un plan du PLU, qui ne figure pas sur notre propre site. Aurait-il lui aussi, au mépris de la loi, bénéficié d’une trahison interne ? Est-ce le maire lui-même qui lui a consenti cette faveur ? Ou s’agit-il d’un PLU précédent, ce que le Daubé aurait au moins pu préciser ?


   « Diffusion de documents secrets : une taupe dans le jardin », titre donc le Daubé. Le problème, c’est que, dans le PLU à venir, même sans taupes, le jardin risque bien de disparaître à tout jamais …

François 1er porte plainte

pour diffusion de documents secrets par Ferney-Candide

Voir aussi les premières réactions en page COURRIER


   Voilà que ça lui reprend ! François 1er redevient plaintif. Entendez par là que ce brave garçon, longtemps connu pour sa propension à déposer plainte à tout bout de champ, récidive. Invoquant l’article 226-13 du code pénal portant sur « la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire », il vient de déposer une plainte contre X, visant en priorité les membres, élus ou non, de la commission de révision du Plan Local d’Urbanisme de Ferney, ainsi que les fonctionnaires qui auraient pu transmettre ces informations secrètes, et enfin, bien sûr, Ferney-Candide, puisque c’est notre modeste et dérangeant canard qui a mis en ligne les documents en question (voir plus bas l'article "Beaucoup de bruit pour rien").

   De quoi s’agit-il ? Quelques jours avant la réunion publique du 2 juillet, organisée par la mairie et consacrée au futur PLU (Plan Local d’Urbanisme), Ferney-Candide a publié deux plans issus de la commission ad hoc et montrant en particulier qu’après en avoir été un farouche adversaire lors de sa campagne électorale victorieuse, François Meylan 1er s’apprêtait à rendre constructibles la zone de Paimboeuf - Trèz la Grange, petit bijou de nature encore agricole et qui, de plus, aurait été automatiquement inconstructible si le préfet avait pris en compte une demande spécifique du même opposant François, lors de l’enquête sur les nuisances sonores de l’aéroport (PEB).
   Pour expliquer le dépôt de plainte, le François 1er d’aujourd’hui rappelle que, selon la loi, « ces documents ne sont communicables aux tiers qu’une fois la procédure de révision du P.L.U. achevée ». Or, deux jours après publication par Ferney-Candide, ce même François 1er a (illégalement ?) communiqué ces deux plans – et quelques autres – à une centaine de « tiers », à savoir les citoyens présents à la réunion publique du 2 juillet, la procédure du PLU n’avant évidemment pas été achevée entre temps.
   En portant plainte contre X, c’est donc lui-même et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs que François 1er risque de faire condamner à « un an d’emprisonnement et 15.000€ d’amende ». Ferney-Candide et tous ses lecteurs se feront un plaisir de se cotiser pour lui apporter des oranges….

Alex Décotte, Bucarest, 18 juillet 2009


Au doigt, à l'oeil et à la lettre

  Ci-dessous, la lettre adressée le 10 juillet par François Meylan à l’ensemble des conseillers municipaux (dont un ou plusieurs se sont évidemment empressée de nous adresser copie). Nous reproduisons ici l’ensemble du document, à l’exception de la signature et du tampon officiel de la mairie. On n’est jamais trop prudent.



P.S. : Le code pénal prévoit la condamnation de ceux qui ont transmis un tel document mais pas celle du ou des bénéficiaires. Candide peut donc dormir sur ses deux oreilles ! Les conseillers municipaux aussi, d’ailleurs. D’abord parce que rien n’indique que l’un ou plusieurs d’entre eux se soient rendus « coupables » de cette transmission. Ensuite parce que, selon la loi sur la presse, le secret des sources est garanti. Rien ni personne ne pourrait donc nous obliger à dévoiler l’identité d’un quelconque informateur. Avis aux futurs amateurs….

P.S.2 : Le responsable de Ferney-Candide se trouvait en Ukraine lorsqu’il a pris connaissance – toujours grâce à un de ces informateurs sans lesquels les puissants pourraient continuer à danser en rond – du document ci-dessus. Il a aussitôt adressé à François 1er la lettre gentiment hilare que voici :

15 juillet 2009

Mon cher François,

En voyage du côté de l'Ukraine, l'apprends avec terreur que l'affreux tyran du Bélouchistan voisin vient de porter plainte contre un modeste samizdat local, qui avait eu l'audace d'afficher, dans l'Impasse des Soupirs (Zupirskaïa Ulitsa en bélouche), le plan encore secret du futur château de Sa Majesté furibarde. Aux dernières nouvelles, le coupable risque 154 ans de prison plus 327 ans de relégation. Il faut faire quelque chose pour sauver ce garnement. Créer un comité de soutien, par exemple. Accepterais-tu, toi qui as toujours été le défenseur de toutes les libertés, d'en prendre la tête ? La vie du chenapan est à ce prix. Je suis sûr que tu ne te déroberas pas.

Alex


PS: Je suis persuadé que tes conseillers, les bleus, les verts, les rouges, les noirs et même les transparents, auront à coeur de se joindre à cette importante démarche humanitaire. Pour ne pas t'obliger à leur envoyer une seconde missive, je me chargerai de les contacter dans les prochaines heures.

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Beaucoup de bruit pour rien

   " Insonorisation : les riverains de l'aéroport indemnisés ". A la une du Pays Gessien (5.6), ce titre a de quoi faire rêver ! Mais rêver seulement. D'abord parce que le libellé peut faire croire que " les " riverains sont déjà indemnisés, alors qu'ils ne le seront que bientôt, plus tard, un jour, peut-être… Ensuite parce que ce ne seront la "les" mais au mieux "des" riverains  puisque ça ne concernera que ceux qui ont construit ou acquis leur logement avant 1979. Pour les autres - les plus nombreux - circulez, il n'y a rien à voir !
   Et ce n'est pas tout. Dans un premier temps, seuls les bâtiments situés au contact direct de l'aéroport (zone C du Plan d'Exposition au Bruit) bénéficieront d'une aide à l'insonorisation. Les autres attendrant et ils risquent d'attendre longtemps. A moins qu'ils ne préfèrent y aller de leur poche.

Accord et à cris

   L'accord passé entre le maire de Ferney et l'Aéroport de Genève est en effet particulièrement vicieux et compliqué. En effet, les candidats devront d'abord passer une convention avec la mairie, qui dépêchera un expert acousticien pour mesurer la gêne. Une entreprise devra ensuite établir un devis, qui devra être homologué par l'Aéroport. C'est alors le propriétaire qui ordonnera les travaux et qui, donc, devra les payer. Il ne sera remboursé que si un nouvel expert donne son accord. S'il ne l'obtient pas ou si les travaux dépassent le devis initial, mystère.
   En cas de litige, il pourrait alors, pensez-vous sans doute, se retourner vers la mairie avec laquelle il aura signé la convention initiale. Funeste erreur. Répondant à la question d'un conseiller municipal, François Meylan a déjà précisé : " Les recours contre la mairie en cas de non-indemnisation sont possibles. Mais comme les travaux sont conclus entre le propriétaire et l'entreprise, la mairie a peu de chances d'être concernée ". Fermez le ban.

Le bois dont François se chauffe  

   Grand défenseur des bois en particulier et de la nature en général, grand pourfendeur des pollueurs de tout acabit, le maire de Ferney n'est pas à une contradiction près. Lors de sa campagne victorieuse contre son prédécesseur Duty Free (ou Fric, à chacun son credo), François 1er - le nôtre, le seul - n'avait pas eu de mots assez durs pour stigmatiser le Plan Local d'Urbanisme d'alors, qui prévoyait la constructibilité du splendide champ de Trez-la-Grange, en lisière de forêt, face au pré de la Corne déjà partiellement défiguré par les abattages d'arbres imposés par le préfet, et contre lesquels il avait tant guerroyé.


   Lors de la campagne électorale, François 1er avait exclu toute urbanisation de cette zone. D'ailleurs, fervent défenseur d'un Plan d'Exposition au Bruit plus restrictif que celui de l'Etat, finalement adopté, il préconisait l'adoption d'une ligne interdisant la construction de toute nouvelle habitation au sud d'une ligne suivant grosso modo les rues de Meyrin et de Versoix.
   Or, voilà-t-il pas qu'après avoir fait annuler le PLU de Duty Free, François 1er s'apprête à présenter, ce jeudi soir lors d'un débat public à la Salle du Levant, un " Plan d'Aménagement Durable " ouvrant au contraire cette zone, et en particulier Trez-la-Grange " à la construction ! Interrogé par Ferney-Candide, François Meylan ne nie pas que cette zone fasse désormais partie des "possibilités" d'urbanisation. Quant au tracé du Plan d'Exposition au Bruit, il confirme avoir toujours souhaité qu'elle soit plus restrictive mais affirme que les contrôles sonores effectués récemment confirment que la nuisance sonore réelle est bien conforme aux calculs de l'Etat (contestés à lépoque par le même François Meylan).
   Si ce point précis fait partie du débat de jeudi (ce qui n'est pas sûr, selon François Meylan, pusque aucun document ne sera remis aux participants), les Ferneysiens et, particulièrement, ceux qui l'ont soutenu dans sa conquête du pouvoir, auront sans doute quelques questions à lui poser. A moins que, comme au temps où ils formaient le gros de ses troupes, ils ne restent une fois de plus le doigt sur la couture du pantalon.

   Ci-dessous, les documents que ne verront pas les Ferneysiens, jeudi...


   On notera qu'outre le secteur Paimboeuf / Trèz-la-Grange, l'actuelle municipalité prévoit de bétonner l'arrière de la Maison Saint-Pierre, jardin idyllique entouré de hauts murs, dont l'exiguïté limitera le nombre de logements à construire mais dont la disparition constituera une véritable perte.


CESSY: La toile Emery gratte encore

   Condamné en août 2008 à six mois de prison avec sursis et 15.000€ d'amende pour faux en écriture et prise illégale d'intérêts, Jules Emery, maire d'alors, est toujours convaincu de son innocence. Le proverbe le confirme, d'ailleurs : " Aux innocents les mains pleines ".
   Pour l'heure, c'est la nouvelle équipe qui trinque. Petite revue de détail.
Pour le rond-point de Belle-Ferme, Jules avait engagé sa commune à payer à celle de Gex, en participation à la construction de ce rond-point, la coquette somme 420.000€ que le promoteur immobilier, desservi par cette nouvelle voirie, aurait dû rembourser à l'obtention de son permis. Aux dernières nouvelles, Gex avait déjà reçu 150.000€ de Cessy, qui n'avait toujours rien reçu du promoteur.
   Pour l'électricité, Jules n'était pas au courant. Personne ne lui avait dit 2070€ de la facture d'un installateur électrique concernait le domicile privé d'un agent administratif. Quant à la facture de l'église, Jules lève les bras au Ciel, c'est bien le moins. 66.000€ payés rubis sur l'ongle à une entreprise qui avait commencé ses travaux en 2003 et ne les avait toujours pas terminés en 2008. De plus, Cessy avait obtenu pour ces travaux une rallonge du conseil général, spécifiquement affectée au toit de l'église, mais qui ont servi à restaurer la cure.
   Sujet à caution, notre Jules. Au propre comme au figuré. En l'an 2000, il avait fait en sorte que sa commune se porte caution (250.000€) pour une entreprise prometteuse qui appartenait, comme par hasard, à … son neveu. La société n'ayant pas tenu les promesses que le maire d'alors avait mises en elle, ce sont quelque 143.000€ que la banque réclame à la nouvelle équipe. Histoire d'encourager les initiatives privées…
   Pendant des lustres, Cessy a donc été le Clochemerle du Pays de Gex et Jules a été son héros. Mais a-t-il été le seul ou a-t-il seulement le seul à se faire prendre ? Jules a bien sa petite idée là-dessus. " Tout le monde faisait pareil. Regardez dans les communes d'à côté ", déclarait-il en avril au Dauphiné Libéré.
   De deux choses l'une. Ou bien Jules tient à rester la seule et unique vedette de cette pantalonnade gessienne, ou bien il va devoir dénoncer ses petits camarades d'alors. Et peut-être d'aujourd'hui encore. On s'en pourlèche déjà les babines !

Le bide du Bio

   Le dimanche 10 mai, la ville de Ferney organisait son premier "Marché Bio de Printemps" dans tout le centre de Ferney (Grand'rue, place de la Comédie, parc de l'abbé Boisson). Mazette, on allait voir ce qu'on allait voir ! Ferney étant, c'est bien connu, la capitale écolo du Pays de Gex (et sans doute de l'Europe entière), vendeurs et acheteurs ne pouvaient que se bousculer au portillon.
   Las, il n'y eut pas un chat, ni parmi les producteurs (un marchand de légumes, un presseur d'oranges bio au prix du caviar...) ni surtout parmi les chalands. Le bide du bio!
   La faute à qui ? Les regards se tournent naturellement (c'est le cas de le dire) vers la mairie. Chacun sait en effet que le dimanche est, à Ferney, la journée déserte par excellence. Pas un chat. Nulle part. La plupart des restaurants, qui savant bien ce que clientèle veut dire, sont fermés ce jour-là.  Les magasins aussi, bien sûr, malgré la pub municipale annonçant fièrement leur ouverture pour cette fantastique occasion.
   Les rares vendeurs et acheteurs ayant fait le détour sont repartis bredouille ou presque. Dommage. L'idée était bonne. Tenez, imaginons que cette même mairie verte décide qu'un secteur spécifique du marché - celui du samedi matin, qui draine des meilleurs de visiteurs - soit réservé au bio. Régulier et facilement identifiable. Sûr que l'habitude s'en prendrait rapidement et que les amateurs pourraient, chaque semaine, faire les emplettes bio nécessaires à leur consommation quotidienne. Tandis qu'une fois par an et, en plus, dans le désert d'un dimanche sans vie, personne ne risque de dépenser un radis en achetant une botte.
   Les légumes qui nous gouvernant feraient bien d'en prendre de la graine.

Bienvenue sur mars


   Cette mise en page un rien prétentieuse et déjà passablement ringarde, avec ses caractères délibérément différents et des tas de petits points partout, ça ne vous rappelle rien? Cherchez bien...


   Voilà, bravo: le bulletin municipal ferneysien, version Meylan-Franquet.


   On aime ou on n'aime pas. On lit ou on ne lit pas. En tout cas, ça a coûté bonbon en honoraires de graphistes. Le hic, c'est que tout ça ressemble étrangement à autre chose. Voyez ces clichés...




   Eh oui, Feney est allé chercher à grands frais, du côté de Grenoble, ce que nous avions à Genève, à portée d'autobus. L'agence grenobloise de communication se nomme "Bienvenue sur mars". Pas étonnant que le voyage coûte aussi cher.


Ecolo ou hélico, il faut choisir

   La tranquillité chez nous, le boucan chez les autres. Telle pourrait être la devise du Jiva Hill Park Hôtel, rutilant palace de campagne installé à Crozet. Sa publicité le dit bien: il "vous accueille dans une oasis de tranquillité, de luxe, d'intimité et de discrétion". Hélas, cette même pub propose, à la rubrique "décollage immédiat", un service un peu particulier:
Tarif pour 2 personnes : 2962 €
1 nuit en junior suite
Petit Déjeuner
Dîner gastronomique
Accueil VIP en chambre
Tour d'une heure en hélicoptère au départ de notre héliport avec au choix le survol :
- Du Mont Blanc
- Du Lac Leman
- D'Annecy et son Lac
Offre valable toute l'année sous réserve des conditions météorologiques.


   Etonnons-nous, après ça, que le Pays de Gex soit sans cesse survolé par des hélicoptères au bruit strident, autrement plus dérangeants que les mouvements normaux de l'aéroport. Au Jiva Hill, le plaisir des uns passe par la souffrance des autres.
   Cela dit, la balle est aussi dans le camp de l'Etat français: au nom des accords de 1957, il a imposé la coupe d'une partie de la forêt de Ferney, censée mettre en danger le trafic commercial. En revanche, aucun accord n'a jamais été signé, entre les deux pays, quant à l'existence de la piste B (les petits avions de tourisme qui nous empoisonnent la vie dès les premiers rayons de soleil) ou aux activités de l'héliport, dont l'Etat français pourrait au moins exiger qu'elles se limitent aux opérations de sécurité et de secours.
   Il est vrai que de Paris, même en tendant l'oreille, on n'est guère dérangé par les nuisances de Cointrin, le ronronnement permanent de son trafic commercial, le crépitement estival de ses coucous ou les stridences de son héliport. Dormez, braves gens !
   Faudra-t-il, comme le fit en 1957 le propriétaire du défunt "Hôtel du Capucin Gourmand", hisser des ballons captifs au-dessus de chez soi pour y vivre enfin tranquille?



Ferney-Prévessin: 45€

C'est l'histoire d'un voyageur en provenance du Canada. Nous sommes dimanche soir, peu après 19 heures, à Ferney, devant la mairie. Du Nouveau-Brunswick où il réside, il a réservé par internet une chambre à Prévessin, à l'hôtel Première Classe, dont la publicité affirme: "Pour aller à la découverte du lac Léman, comme pour optimiser vos rendez-vous d'affaires à Genève, notre hôtel situé à la frontière franco-suisse et à proximité de l’aéroport vous accueille pour une halte reposante".

Ce que ne dit pas la pub, c'est que la frontière suisse, prétendument "à proximité" de l'hôtel, se trouve à près d'un kilomètre à pied et que, de toute manière, la frontière en question est la petite douane de Mategnin, loin de tout et en particulier de l'aéroport, dont il faut contourner les pistes pour atteindre le bâtiment principal: 5 kilomètres au bas mot.

De l'aéroport ou il a atterri en fin d'après-midi, notre homme a précédemment réussi, avec sa valise, à gagner Ferney en n'empruntant "que" deux autobus des TPG. Le voilà devant la mairie, cherchant en vain un taxi pour gagner enfin son hôtel. A cet endroit, il y a bien une borne et un panneau "Taxis" mais, comme d'habitude, les taxis ne sont pas là: ils préfèrent attendre, à l'aéroport, des courses plus juteuses pour Mégève ou Chamonix. Quant à la borne, elle est plongée dans le noir.


En désespoir de cause, notre voyageur décide d'appeler l'hôtel. Peut-être pourra-t-on lui envoyer une voiture...

- Volontiers, mais ça vous coûtera 45 Euros.

45 Euros. L'homme espère n'avoir pas bien compris mais, de toute manière, que pourrait-il faire d'autre?

Vingt minutes plus tard, le taxi est là. Le voyageur canadien ne remarque évidemment pas un détail surprenant: le véhicule est immatriculé en Saône-et-Loire. Qu'importe. Cinq minutes plus tard, le voilà rendu à l'hôtel, dans une zone artsanale particulièrement lugubre. Le paiement se fait de la main à la main, devant la réceptionniste de l'hôtel. 45 Euros, en effet. 45 Euros pour 2,7 kilomètres, ça vous met le kilomètre à plus de 16 Euros ! Le Pays de Gex est décidément celui de tous les records. Etonnez-vous, après ça, que les touristes étrangers se bousculent pour découvrir notre belle contrée et ses tarifs à la tête du client.

...

Prévessin hors taxes


   L'affaire débute le 7 novembre 2006, lorsque le conseil municipal de Prévessin-Moëns décide d'instaurer sur le territoire de la commune une taxe de séjour, payée par les touristes et récoltée par les logeurs au profit de la commune.
   A l'époque, Prévessin-Moëns compte, en tout et pour tout, un seul lieu de villégiature. Et quel lieu! La maison de M. et Mme Coullet, où le couple propose... deux chambres d'hôtes ! En d'autres termes, ce sont les clients de ces deux seules chambres qui, par le biais de la taxe de séjour, devraient financer les ambitions touristiques de la cité, qui ne compte ni hôtels, ni résidences hôtelières et qui, surtout, ne ressemble en rien à une commune touristique.
   Bernard Coullet, qui connaît bien le maire et son équipe, leur suggère d'abord, en toute amitié, d'annuler la délibération. Que nenni ! Se croyant dans son bon droit, la commune ne veut rien entendre. Bernard Coullet s'adresse donc au Tribunal Administratif. Ne disposant pas de grands revenus (vous pensez, deux chambres d'hôtes...) il rédige seul son mémoire et se présentera, seul, à l'audience. Aux frais de ses administrés, la commune fait appel à un premier avocat, puis à un second...
   L'argumentaire de Bernard Collet est simple comme la Loi: "Dans les stations classées, dans les communes qui bénéficient de la dotation supplémentaire aux communes et groupements touristiques ou thermaux et la dotation particulière aux communes touristiques, (..) dans les communes littorales (..), dans les communes qui réalisent des actions de promotion en faveur du tourisme et dans celles qui des actions de protection et de gestion de leurs espaces naturels, le conseil municipal peut instituer (..) une taxe de séjour..."
   A l'évidence, Prévessin-Moëns ne répondait et ne répond toujours à aucun de ces critères. Hélas, le élus ont souvent du mal à se rendre à l'évidence. En date du 26 juin 2008, le Tribunal Administratif de Lyon a annulé la décision du conseil municipal de Prévessin-Moëns.
   Bernard Coullet, qui ne loue d'ailleurs plus ses deux chambres, ne paiera donc pas la taxe de séjour. Les nouveaux venus non plus mais les contribuables locaux paieront, eux, les frais de justice et les honoraires d'avocats.
   S'ils veulent remettre l'ouvrage sur le métier, Laurenson et Maurin, instigateurs de la défunte taxe, pourront toujours installer un Disneyland à côté du château. Comme ça, à l'oeil, ils auront peut-être la visite de Carla et Nicolas...

Interpol dans le pays de Gex ?

Voir les réponses d'Etienne Blanc en fin d'article
Mardi 24 février

   Candide s'inquiétait hier (voir l'article) de la possible renaissance d'un projet de centre de rétention à Ferney. Aujourd'hui, c'est le Progrès de Lyon qui dévoile une information de la même eau: "Le pays de Gex fait le forcing pour accueillir Interpol" (lire l'article).
   Première nouvelle, du moins pour Candide. Dans la profession, l'auteur de ce papier, Frédéric Boudouresque, ne passe pas pour un plaisantin. Il écrit: "En apprenant qu'Interpol n'avait toujours pas trouvé de terrain ni de financement pour créer un deuxième site en région lyonnaise, (Etienne Blanc) vient d'écrire à l'organisation internationale de police criminelle, implantée dans le 6e arrondissement de Lyon, pour lui proposer de s'installer dans le pays de Gex".
Le Progrès cite Blanc: "Il faudrait d'ailleurs un équilibre entre Lyon et Genève, plaide l'élu et avocat gessien. On ignore souvent qu'il y a 400 000 habitants dans notre zone frontalière. Notre agence de développement économique Voltaire Initiatives et l'ARC du Genevois qui regroupe les intercommunalités franco-suisses souhaitent d'ailleurs attirer plus d'organisations internationales".
   A condition de se boucher le nez. voilà une nouvelle qui pourrait rapporter gros.
   Hélas, avant d'empocher, il va falloir débourser: 50 millions d'euros! Qui va payer? Interpol, sans doute, mais pas seulement. Alors qui? L'Etat? La Région? Le Département? La Communauté de communes?
   Un tel projet, s'il a un sens, ne peut être que celui de tous les Gessiens. Or, après consultation de plusieurs membres de la Communauté de Communes et de son bureau, il apparaît que personne n'en a jamais entendu parler. Une fois de plus, une fois de trop, Etienne Blanc a joué solo.
   Ferney-Candide a donc quelques questions à lui poser. Notre Vain Blanc se trouve à Paris, hors de portée de son portable, mais Frédéric Baude, son attaché parlementaire, a promis de le prévenir au plus tôt.
   Ces questions, que nous venons d'envoyer par mail, les voici. Rien ne vous empêche de griffonner les réponses qui vous semblent les plus plausibles. Vous pourrez ainsi comparer votre intuition aux vérités de notre président. Lorsqu'il nous aura répondu. S'il nous répond.

Questions à Etienne Blanc, président de la Communauté de Communes


- Confirmez-vous cette intervention et la teneur de l’article en question?
- Cette démarche a-t-elle fait l’objet d’un débat public, d’une consultation préalable des élus de la CCPG, ou de son bureau ?
- Sinon, a-t-elle fait ou doit-elle faire l’objet d’une communication a posteriori?

- Avez-vous déjà à l’esprit un ou plusieurs sites d’implantation ? Lesquels ?

- En la matière, vous faites référence à la nécessité d’une plus grande collaboration avec Genève et la Suisse. Des contacts ont-ils été déjà pris ? Dans quel sens ?


Eléments de réponse

   Etienne Blanc nous a téléphoné le mercredi 25 février, de Paris, pour répondre à nos questions. L'entretien ayant été long, les éléments de réponse ayant été fournis au fil de la discussion, il en ressort ce qui suit:
- L'article du Progrès est conforme à l'entretien qu'E.B. a eu avec le journalsite.
- La démarche d'E.B. n'a fait l'objet d'aucun débat ni consultation au sein de la CCPG mais est conforme au Projet d'Agglomération (franco-valdo-genevoise - NDLR) prévoyant l'implantation d'organismes internationaux , en particulier dans le nord de la Haute-Savoie et le Pays de Gex.
- E.B. n'a pas l'intention de faire la moindre communication à ce sujet mais répondra aux questions, le cas échéant.
- E.B. ne pense à aucun site en particulier mais cite cependant Divonne, Ferney et St Genis. Il affirme d'abord que cela ne coûtera rien au Pays de Gex ni aux communes d'accueil mais reconnaît ensuite que la décision pourrait être subordonnée à certains avantages (mise à disposition gratuite de terrains, etc.)
- En la matière, les rapports avec Genève et la Suisse s'inscrivent dans le Projet d'Agglomération.
- De manière générale, E.B. précise que sa lettre à Interpol s'inscrit dans sa démarche globale visant à faire venir des organisations internationales dans le Pays de Gex. Il cite en particulier ONUSIDA, Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Selon lui, l'entrée de la Suisse dans Schengen est de nature à favoriser de telles coolaborations, en particulier via l'aéroport. Sur ce dernier point, il affirme n'avoir pas entendu parler de l'éventuelle relance d'un centre de rétention administrative à Ferne (Voir l'éditorial)


En Noirot et en couleurs

   Voilà plusieurs mois déjà, la Communauté de Communes s'est lancée dans une nouvelle aventure culturelle: décorer les murs de son futur "château" de Gex, qui ouvre ses portes ces prochains jours. Chose dite, chose faite: la CCPG a acheté pour la coquette somme de 11700€ quelque 83 aquarelles (en réalité, 27 cadres regroupant chacun trois aquarelles, selon nos renseignements; il faudra vérifier après accrochage), représentant les diverses communes du Pays de Gex. Même si les peintres du dimanche sont légion dans le Pays de Gex - et les peintres professionnels une bonne poignée - les 83 (ou 27) aquarelles sont issues d'un seul et même pinceau.          

   L'heureux artiste n'est pas un inconnu, du moins pour la CCPG. Dominique Noirot - c'est son nom - était en effet, jusqu'aux élections du printemps 2008, maire de Versonnex et membre de cette même Communauté de Communes.
Comment le choix de la CCPG s'est-il porté sur lui ? Les autres artistes gessiens ont-ils eu la possibilité de concourir ? Ou s'agit-il du fait du prince ?

   En octobre, au nom de l'Association Arts Vivants, Alain Gégout s'est permis de poser ces simples questions, par écrit, à notre Vain Blanc. Courrier resté sans réponse à ce jour, malgré une petite piqûre de rappel. Pour Candide, il est donc grand temps de publier ces deux lettres, ne serait-ce que pour permettre à notre Vain Blanc de les lire, enfin.

Vendredi 10 octobre 2008

   Monsieur le Président,


Nous avons récemment appris que la Communauté de communes du pays de Gex (CCPG) avait, il y a quelque temps, acquis pour une somme non négligeable un ensemble d'oeuvres picturales réalisées par un ancien membre du Conseil communautaire et ancien membre de la Commission "Culture" de la CCPG. Cet ensemble est destiné à décorer le nouveau siège de la CCPG à Gex. Nous ne pouvons que nous réjouir de voir la CCPG soucieuse de décorer par des oeuvres d'art son siège; mais nous aimerions savoir dans quelles conditions cette décision d'achat a été prise. En tout état de cause, cette décision appelle quelques commentaires et interrogations de notre part concernant la forme et le fond et pose un réel problème de transparence.
    En effet, pourquoi les artistes plasticiens du Pays de Gex n'ont -ils pas, à ce jour et à notre notre connaissance, été sollicités pour fournir des oeuvres destinées à décorer le siège de la CCPG? Il eût été "normal" à notre sens de demander aux artistes du Pays de Gex de présenter des projets. N'est-il pas aussi surprenant de voir la CCPG acquérir dans les conditions précitées, des oeuvres auprès d'un ancien membre de ses instances dirigeantes?
    Notre association, qui n'a pas été contactée, et pour cause, regroupe des artistes peintres professionnels et amateurs. Nous tenons à préciser que nous ne remettons pas en cause les talents du peintre amateur auprès duquel les oeuvres ont été acquises, mais notre association ne peut que s'interroger sur les conditions dans lesquelles cette décision a été prise.
En notre qualité de partie prenante potentielle, nous tenons à exprimer officiellement notre surprise, inquiets du peu de considération à l'égard des autres artistes-plasticiens dont la décision de la CCPG témoigne et des interrogations que sa décision soulève.
Persuadés que vous nous donnerez les éclaircissements propres à dissiper nos inquiétudes et nos interrogations, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments distingués.

Pour l'Association Arts Vivants
A.Gégout


Silence radio. Et piqûre de rappel...

Lundi 17 novembre 2008

Monsieur le Président,


Notre association vous a adressé un courrier en date du 10.10.08 dans lequel elle demandait certains éclaircissements sur la manière dont la Communauté de communes du Pays de Gex avait acquis auprès d'un ancien membre de ses instances dirigeantes et peintre amateur, une série de tableaux. Les artistes professionnels qui vivent de leur art se sont en effet émus de cette façon de procéder et attendent des réponses à leurs interrogations.
Nous n'avons pas à ce jour reçu de réponse, c'est pourquoi nous sollicitons instamment une réponse claire dans les meilleurs délais. Nous vous demandons également de bien vouloir diffuser, si cela n'est déjà fait, nos courriers auprès des membres du Conseil communautaire et de la Commission Affaires culturelles afin de tenir leurs membres informés de nos interrogations. (..) Nous ne pouvons accepter que notre courrier reste lettre morte.

Et toujours pas de réponse. Manifestement, le courrier adressé à St Genis parvenait difficilement à son destinataire. En ira-t-il différemment à Gex ? Nous avons tenté d'appeler la CCPG, ce jeudi après-midi, pour en avoir le coeur net. Hélas, nous sommes tombés sur un répondeur, les communications étant interrompues "pour cause de basculement". A la CCPG. on bascule sans se bousculer. 

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Régionales 2010

Etienne Blanc, député-maire de Divonne

C’est en principe dans dix jours, le lundi 26 janvier, que les militants UMP de Rhône-Alpes sont appelés à voter pour leur(s) candidat(s) au Régionales de 2010 mais tout est déjà ficelé. Un aréopage de députés et de sénateurs s’est réuni en catimini, mardi soir à Paris, à l’Hôtel de Lassay, résidence de Bernard Accoyer, le président (UMP) de l’Assemblée.Etienne Blanc en était, bien sûr...


Bigre ! C’est que l’affaire était  d’importance…

 

Il fallait surtout ne pas laisser aux militants UMP un trop grand choix de candidats. Dans ces temps troublés, on ne sait jamais comment réagit la base. La claque reçue par Charles Millon aux récentes Sénatoriales en est la preuve éclatante. Et, comme par hasard, c’est la sénatrice UMP arrivée devant Millon (et élue, elle) qui a été évincée des prochaines Régionales par les conjurés de mardi soir.

  Sylvie Goy-Chavent, sénateur-maire de Cerdon

Au début de l’année, à Lyon, les instances UMP ont recensé les candidatures. Sept au total, dont celle d’Etienne Blanc, maire de Divonne, député de l’Ain, et Sylvie Goy-Chavent, maire de Cerdon et sénatrice de l’Ain. Avec, en filigrane, un honneur à venger, celui du déliquescent Million. Sa « tombeuse » de Cerdon partait donc avec un handicap certain. Mais comme sa cote est plutôt au beau fixe en Rhône-Alpes, c’est à Paris que tout allait se jouer.

 

Mardi soir, Hôtel de Lassay, rue de l’Université, à deux pas de l’Assemblée nationale, les quinze députés et seulement quatre sénateurs ne savent pas (ou en tout cas pas tous) pourquoi Bernard Accoyer les a convoqués là, a l’initiative d’Etienne Blanc, selon ce qui se susurre. Il s’agit en fait de limiter drastiquement le choix proposé à la base et d’écarter Sylvie Goy-Chavent (dans cet ordre ou dans l’ordre inverse). Résultat des courses, tout ce petit monde vote (à bulletin secret, ce qui empêche de savoir qui vote pour qui) et retient trois candidatures : Françoise Grossetête, députée européenne, secrétaire nationale de l'UMP (et vice-présidente de la fédération UMP de la Loire ; Jean-Claude Carle, sénateur de Haute-Savoie, conseiller régional (et naguère vice-président de Rhône-Alpes, au temps de Million…) ; et enfin Etienne Blanc, qui se voit déjà conseiller régional (il le fut jadis) et pourquoi pas président, à la place du socialiste Jean-Jack Queyranne et dans les pantoufles de son illustre prédécesseur, directeur de conscience et ami, Charles Million. La boucle est bouclée.

 

Contactée jeudi soir par Ferney-Candide, Sylvie Goy-Chavent ne fait guère de commentaires, se contentant de prendre acte de la décision, « pour l’instant ». Une réserve qui laisse encore la porte à quelques rebondissements, d’ici à 2010 . Quant à Etienne Blanc, questionné vendredi matin à l’Assemblée nationale, il confirme la réalité des faits (réunion de mardi soir, choix des trois candidats à la candidature) mais estime que tout ça est bien naturel en démocratie. Les militants UMP, qui voteront le 26 pour un échantillon en peau de chagrin, apprécieront.

 

 

Pas de cumul des mandats

 

S’il est élu à la Région en 2010, Etienne Blanc ne pourra pas conserver la mairie de Divonne et on l’imagine difficilement sur un strapontin de simple conseiller. Conséquence, il ne pourrait plus être non plus membre de la Communauté de Communes ni, a fortiori, président. Ce qui, à l’heure où le Pays de Gex rosit fortement ( Bertrand à Saint-Genis, Meylan à Ferney, Mercier à Ornex), ne laisse pas d’inquiéter les instances de l’UMP. Selon nos informations, la question lui a même été posée, l’autre soir à l’hôtel de Lassay.

-        Ne vous inquiétez pas, j’ai déjà la personne qu’il me faut pour me succéder, quelqu’un de bien et de sûr, aurait-il répondu en substance.


La personne en question, c’est Véronique Baude, qui fut successivement chargée de la communication puis chef de cabinet de Blanc à la mairie de Divonne avant de reprendre un poste analogue auprès de Férard Paoli à Gex, ce qui a permis à la dame, n’exerçant plus d’activité salariée dans l’administration divonnaise, de se présenter sur la liste de Blanc aux dernières municipales et de devenir, dans la foulée, son adjointe aux affaires scolaires.

Accessoirement, Véronique Baude est aussi l’épouse de Frédéric Baude, attaché parlementaire du député Etienne Blanc. On reste en famille. 


Baude et Blanc tiennent la rampe. Pour combien de temps ?

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Charles Millon visé par une enquête préliminaire

Charles Millon est actuellement visé par une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris. L’ancien président de la Région Rhône-Alpes est soupçonné de malversations au sein d'une entreprise de biocarburants dont il fut l'un des dirigeants. Cette enquête pour abus de bien sociaux, faux et recel est confiée à la Brigade Financière. (Politique 09/01/2009)

S'il a besoin d'un bon avocat, Ferney-Candide se fera un plaisir de lui communiquer le numéro de portable d'Etienne Blanc. A moins qu'il ne l'ait déjà...

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François Meylan au PS

11.1.2008

C'est un scoop et pas une blague, François 1er, roi de Ferney, a pris sa carte. Pour voyager, ça peut servir. Surtout la carte du PS, dans une période où Région et Département voguent à gauche.

Pour la petite histoire, on se rappellera que, voilà moins d'un an, il avait fait le forcing pour tenter d'entrer au Modem de Bayrou, dont la représentante ferneysienne était justement son adversaire aux élections municipales, Fabienne Faure. On n'oubliera pas non plus ses affinités avec Corinne Lepage, écolo mollo de la gentry parisienne. Mais il est vrai que les 1,88% de voix de la belle (?) avocate, aux présidentielles de 2002, n'auraient su constituer un vrai moteur pour celui qui, après avoir tenu la mairie de Versonnex puis s'être fâché avec tout ce que le Pays de Gex compte de roîtelets, n'aspirait qu'à une chose: le trône ferneysien.


Bref, voici donc François membre du PS. Parce qu'il ne supporte plus Sakozy et le sarkozysme? D'accord, mais c'est aussi le credo de Bayrou. Il aurait donc pu persévérer dans ce sens. Alors pourquoi le PS ? C'est là qu'on en revient à la bonne vieille politique du donnant-donnant et du gagnant-gagnant. N'oublions pas, en effet, que la Région, puis le Département, ont viré à gauche. Adieu les Millon et autres Verpillière, place aux camarades Queyranne et Mazuir ! Si François 1er veut réaliser ses grands projets pour Ferney, surtout avec d'indispensables et substantielles subventions, il aura besoin d'eux. Ceci explique sans doute celà...

On a suffisamment reproché au cousin et prédécesseur de François 1er à la mairie de Ferney, le tabellion Pascal Meylan, de cacher aux électeurs son allégeance au parti de droite d'alors, le RPR, pour ne pas se poser la question: François annoncera-t-il officiellement la couleur ? Ce qui ferait officiellement de Ferney une ville PS, au grand dam de certains de ses co-listiers qui, secret de polichinelle, penchent plutôt du côté de l'UMP...

Mais est-ce bien au PS français que François 1er a adhéré ? Chez nos voisins suisses, le canton et surtout la ville de Genève sont solidement ancrés à gauche. Et comme François 1er ne jure que par Genève... D'ailleurs, apprenant par une indiscrétion la nouvelle appartenance de François 1er, un des dignitaires socialistes genevois l'a accueilli par ces mots:
- Bienvenue chez nous !

Reste toute de même une question: pourquoi maintenant ? La sarkophobie croissante est-elle seule en cause ? La victoire d'Aubry sur Ségo y est-elle pour quelque chose ? François 1er se verrait-il déjà remplacer le Vain Blanc, actuel et déclinant député UMP à l'Assemblée Nationale ? Ou n'est-ce après tout qu'un simple hobby pour sa retraite à venir ?

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Une allée pavée de bonnes intentions

Salle comble, ce lundi 15 décembre, dans l'ex-école maternelle jouxtant la mairie de Ferney. Le maire invite les citoyens sensibles à l'abattage des peupliers du pré de la Tire et aux projets de développement d'un jardin public.


C'est hélas une vilaine façon de mettre la charrue avant les boeufs. On abat d'abord, on consulte ensuite. Certes, plusieurs peupliers étaient en mauvais état. Certes, il était urgant d'effectuer la coupe avant la remontée de sève, au risque de devoir reporter d'un an les abattages. Mais l'organisation d'une réunion publique peut ne prendre que quelques jours. Le maire n'a donc pas d'excuses et cette façon de mettre les citoyens devant le fait accompli irrite, surtout de la part d'une équipe qui s'est battue bec et ongles contre les abattages imposés par l'Etat dans le bois de la Bagasse, tout proche.


A noter la présence de beaucoup de Ferneysiens d'origine étrangère (Mexique, Brésil, Serbie, etc), qui interviennent avec précision et détermination malgré un français approximatif. Tous sont arrivés depuis peu mais tous se sentent ferneysiens et tous contestent la nécessité et la procédure des abattages. Tous sont prêts à parler de l'avenir plutôt que du passé.

Rehaussée de photos des "Jardins en mouvement" de Gilles Clément, la suggestion du conseiller municipal Arnaud Berthier, favorable à la résurrection "naturelle" des lieux, fait un flop. Non, on ne va pas attendre quarante ans pour avoir au centre de ferney des bosquets et broussailles surgis du fond des âges. Manifestement, l'assistance est déterminée. Qu'elle approuve ou non l'abattage complet de l'allée de peupliers, elle tient absolument à la replantation d'une allée rectiligne, double et symétrique sur l'emplacement actuel. D'ailleurs, en vieux français, une "tire" est une file, une rangée. François Meylan, qui s'était toujours refusé à confirmer ce choix de replantation à l'identique (hormis l'essence des arbres, qui pourrait être modifiée), est trop fin politique pour ne pas s'apercevoir qu'il est temps de lâcher Berthier : oui, il y aura une allée. Et pour le reste, comme on n'a pas d'argent, on fera au plus simple.

Bataille rangée, ensuite, entre promeneurs avec chiens et mamans avec enfants. Il faudra les séparer. Un nouveau mur de Berlin sera-t-il érigé au centre de Ferney ? Les chiens feront leurs crottes en circuit fermé. Quant aux enfants, dès qu'ils auront abandonné les layettes au profit des culottes courtes, on leur fera planter des arbres. Plus tard encore, lorsque les arbres, les garçons et les filles auront atteint l'âge adulte, on pourrait même organiser pour eux , surtout si le chômage persiste, un nouveau bois de Boulogne. Avec travestis mais sans voitures. On est écolo ou on ne l'est pas.

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Inclassable publication

Bientôt dix mois que la nouvelle équipe est aux affaires à Ferney et pour l’heure, en tout et pour tout, deux numéros du Ferney Magazine. Pour une municipalité qui s’était promis de communiquer et dont la première adjointe est, justement, une professionnelle de la comm’, voilà qui fait un peu maigrichon. Mais faut-il vraiment s’en plaindre ?


A vouloir lire les deux premiers numéros, on a de toute manière l’impression qu’ils ont été conçus pour ne pas être lus. La mise en page et la taille des caractères d’abord. Mini mini. Pas d’intertitres et une police si lisse que, même avec de bons yeux ou des lunettes adaptées, on cale à la troisième ligne. Le contenu ensuite. Une écriture si monotone que Ferney Magazine vous tombe rapidement des mains.
D’autant plus rapidement que, même vide, il est plutôt lourd. Du coup, même imprimé sur papier recyclé et en nombre limité, voilà qui frise le gaspillage. Et pour ceux qui n’auraient pas le temps de dévorer illico cette œuvre d’art, pas question de le ranger quelque temps dans une quelconque boîte en carton. A l’heure où tous les magazines réduisent leur format, Ferney Magazine a décidé de grandir, par la taille sinon par le contenu. Pensez : 32cm par 23 en position fermée, le double en version dépliée. Pas question, du coup, de dévorer ces revigorantes nouvelles dans le bus F, aux heures d’affluence.


« Le journal paraîtra cinq fois par an », écrivait Christine Franquet, l’adjointe à la communication, dans le premier des deux numéros. Pour tenir sa promesse, il faudrait aujourd'hui qu’elle en publie trois autres avant le mois de mars. Chiche !
Reste internet. Le site devait être revu de fond en comble « avant la fin de l’année » ce qui, soit dit au passage, constituait déjà un bien large délai. L’année 2008 est terminée et l’internaute ne voit toujours rien venir. La faute à qui, la faute à quoi ? La faute à la charte graphique, sans doute. Les nouveaux n’ont pas voulu faire du neuf avec de l’ancien. Ils sont allés chercher à Pétaouchnok des fournisseurs de services, conception, impression, hébergement, qu’ils auraient pu trouver tout près d’ici. Pour eux, la forme (si on peut parler de forme), devait primer le fond. Du coup, à fond la forme, le lecteur n’a ni l’un ni l’autre. Une fois encore, doit-il s’en plaindre ?


Imminentes éminences

Il est décidément impayable, notre Vain Blanc. Sur son site de parlementaire, on a trouvé ça : « Régulièrement, et autant que possible, Etienne BLANC convie d'imminentes (sic) personnalités pour aborder un sujet particulier touchant la vie de la circonscription ou pour simplement mieux faire connaître notre département ».
Mais qui sont donc ces éminences imminentes, à moins qu’il ne s’agisse d’éminentes éminences, que « convie » notre matamore gessien ? Passons sur les Bussereau et autres Bertrand, mais figurez-vous qu’on trouve aussi parmi les invités Sarko (alors qu’il n’était, certes, que président de l’UMP) et Chirac, alors qu’il était président de la République. Sans doute Chirac rêvait-il, en effet, d’être « convié » par le Vain Blanc (lui qui préfère la bière, d’ailleurs).


En fait, si la mémoire ne nous fait pas défaut, Chirac était venu ce jour-là (19 octobre) célébrer le 50è anniversaire du CERN et ce n’est bien évidemment pas notre Vain Blanc qui l’y avait « convié ». S’il avait auparavant inauguré la «Porte du Général de Gaulle», ce n’est évidemment pas non plus à la demande d’Etienne. Tout au plus pourrait-on considérer que Chirac avait cédé à l’invitation de notre champion en se rendant à Cessy, à la rencontre des électeurs UMP.
Le site de notre Vain Blanc (http://www.etienne-blanc.org/) mérite d’ailleurs le détour. Les titres sont éloquents. Un exemple : « Etienne Blanc simplifie la loi ». A lui tout seul, quasiment. Quant à la galerie de photos, elle le montre à son avantage aux côtés de Sarko (au moins 20 cm de différence ), à égalité de taille avec Villepin (tiens, cette photo-là, il ferait bien de la supprimer s’il veut demeurer en cour) et plutôt obséquieux lorsque Chirac daigne lui serrer la paluche (comme il le fera avec tous les invités mais, bien sûr, le site montre 30 fois la bobine d’Etienne et une seule fois celle de Jacquot….)

L'actualité du Vain Blanc (se) décline au jour le jour. Ainsi, son dernier (et unique) journal de parlementaire remonte à... décembre 2005 ! Le début d'un passé décomposé.


Etienne Blanc candidat en Rhône-Alpes

Tout est déjà ficelé